Wolfgang Amadeus Phoenix, la consécration
- “La dernière fois qu’on est venus ici, y avait personne”, lançait l’âme de Phoenix devant un Aéronef comble et déjà comblé après une poignée de chansons. Mais Thomas Mars se doutait-il une seconde que la salle lilloise avait rarement débordé de la sorte ? Même lorsque les Ecossais de Franz Ferdinand y avaient foulé la scène en mars dernier. Il n’y a plus aucun doute, le groupe versaillais a vraiment frappé fort avec Wolfgang Amadeus Phoenix, sa petite pépite de quatrième album.
C’est d’ailleurs avec Lisztomania, premier titre de l’opus pop/rock/électro, qu’il a lancé les festivités. Le show est allé crescendo, transformant petit à petit la fosse bien resserrée en dancefloor, sur lequel à peu près tout le monde s’est déchaîné. Lasso, Fences, Girlfriend, Armistice…. impossible de ne pas s’égosiller sur les dernières compositions du groupe, entrelacées de titres plus anciens.

Le charismatique Thomas Mars réussit à mener la salle entière par le bout du nez, d’un simple geste, (pied de) micro à la main. Avec le reste du groupe, il exécute un sans faute. Ou presque. Leur performance télévisée en juin, chez l’Américain David Letterman, laissait présager un show détaché mené par un chanteur à la tonalité pas toujours très juste. Que nenni.
Phoenix s’est littéralement donné au public hier soir. D’une complicité manifeste, les quatre musiciens aux pas de danse survitaminés, venaient souvent se retrouver au bord de la scène, que Thomas Mars, tout sourire du début à la fin, s’était approprié. Tel un funambule, le chanteur manquait sans arrêt de perdre l’équilibre, s’élançant en avant pour que la fosse puisse hurler en chœur en direction de son micro. Plus proche du public il était, plus la prestation était étincelante.
S’il ne s’est quasiment pas adressé au public, même pour le saluer au début du set, personne ne semble lui en avoir tenu rigueur. La proximité qu’il a su entretenir avec l’audience s’exprimait pour lui.
Pas une seconde d’ennui. Ca saute, ça crie, ça claque des mains, ça s’extasie. De plus en plus fort. Jusqu’à atteindre les sommets avec Rome, sur lequel le groupe s’est essoufflé avant de s’éclipser en coulisses. Après un peu plus d’une heure de set, pas question d’en rester là. Alors on réclame Phoenix.

Surprise, le rappel dure environ 30 minutes. Ambiance pop délicate feutrée pour commencer. Puis énorme claque. C’est parti pour l’électrique 1901 avant l’incontournable If I Ever Feel Better, gros succès du groupe en 2000.
Le funambule finit par consciemment lâcher prise pour se retrouver au-dessus de la foule, à naviguer entre une centaine de mains inconnues, mais bienveillantes. La sécurité est complètement larguée. Thomas Mars retrouve le chemin de la scène, toujours souriant. C’est l’apothéose.
Ceux qui assurent que Phoenix manque aujourd’hui un tantinet d’humilité, n’ont sans doute pas tort. Un album entièrement composé en anglais au nom du célèbre compositeur autrichien, un penchant pour les éclats de gloire, une estime de soi flamboyante. Mais qui oserait leur en vouloir après un tel concert ? Personne. Les quatre Versaillais ont vraiment de quoi être fiers de leur parcours depuis dix ans.
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Setlist
Lisztomania
Long distance Call
Lasso
Run run run
Fences
Girlfriend
Armistice
Love like a sunset
Too Young
Rally
Consolation Prizes
Rome